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Elle l’ouvrit.

« Après minuit, demandez-lui pourquoi A-5 manque. »

Son visage pâlit.

Dante vit l’écran.

— Qui t’a envoyé ça ?

— Je pensais que c’était du spam.

Deuxième message :

« S’il retire A-4 avant de parler, ne quittez pas la chambre. »

Sofía releva les yeux.

— Quelqu’un savait exactement ce que tu allais faire.

Dante prit son propre téléphone.

Il vérifia ses messages.

Puis son visage changea.

— Moi aussi.

Sofía s’approcha.

Message reçu le matin :

« A-4 confirmé. A-5 annulé. N’expliquez rien avant la question. »

Sofía resta immobile.

— “Avant la question.”

— Oui.

— Ma question.

Dante regarda le faux corps sur le tapis.

— Apparemment.

— Donc ton silence lui-même était prévu.

Cette idée bouleversa davantage Sofía que le costume.

Le mariage.

La révélation.

La question.

Le silence.

Tout semblait écrit.

— Qui organise ça ?

— Je ne sais pas.

— Tu portes quatre faux corps et tu veux me faire croire que tu ne sais pas ?

Dante serra la mâchoire.

— Je connais la procédure.

— Mais pas celui qui la contrôle ?

— Plus maintenant.

Sofía fronça les sourcils.

— “Plus maintenant” ?

Dante regarda les fenêtres.

— La personne qui l’a créée a disparu il y a six ans.

— Nom ?

Long silence.

— Claire Morel.

Sofía eut un mouvement de recul.

— Et tu continues une procédure écrite par une personne disparue depuis six ans ?

Dante murmura :

— Parce qu’elle m’avait prévenu que si quelqu’un modifiait la séquence, je Nextrais qu’on essayait de me retrouver.

Sofía fixa la housse A-5 vide.

— Donc quelqu’un t’a retrouvé.

— Peut-être.

Puis son téléphone vibra.

Nouveau message.

« A-5 n’a pas été volé. »

Deuxième :

« IL EST DÉJÀ DANS LA CHAMBRE. »

PARTIE 5 — A-5 N’ÉTAIT PAS UN COSTUME

Ils inspectèrent immédiatement la pièce.

Sous le lit.

Derrière les rideaux.

Dans la salle de bain.

Rien.

Sofía retourna devant la housse vide.

— Peut-être qu’A-5 n’est pas un corps.

Dante se figea.

Elle vit son expression.

— Tu viens d’y penser aussi.

Il s’approcha de la housse.

Au fond, une couture semblait différente.

Il l’ouvrit.

Une petite clé tomba sur le sol.

Étiquette :

A-5 / MIROIR.

Sofía regarda le grand miroir de la chambre.

Cadre doré.

Presque jusqu’au plafond.

Dante passa les doigts derrière.

Un petit mécanisme.

La clé entra.

Le miroir pivota de quelques centimètres.

Derrière :

une cavité.

Une boîte noire.

Sofía murmura :

— Voilà A-5.

Dante ouvrit.

À l’intérieur :

une photographie.

Dante, plusieurs années plus jeune.

Même visage.

Corps naturel.

À côté de lui, Claire Morel.

Et un troisième homme dont le visage avait été volontairement découpé.

Au dos :

« A-5 N’EST PAS UNE APPARENCE. »

Puis :

« A-5 EST L’ÉTAPE OÙ IL DIT ENFIN QUI LE REGARDE. »

Sofía sentit sa respiration ralentir.

— Qui te regarde ?

Dante retourna une deuxième photographie.

La chambre.

Cette chambre.

Prise le jour même.

Avant leur arrivée.

Sofía en robe de mariée apparaissait devant la coiffeuse.

Photographiée depuis un angle élevé.

Quelqu’un l’avait observée.

Dante devint livide.

— Il n’y a pas de caméra ici.

Sofía leva les yeux.

— Alors comment cette photo existe ?

Ils fouillèrent.

Derrière une grille de ventilation, une petite caméra.

Active.

Voyant rouge.

Dante l’arracha immédiatement.

Sous l’appareil :

un papier plié.

« LA RÉVÉLATION DU CORPS N’ÉTAIT PAS LE TEST. »

Sofía lut la ligne suivante.

« LE TEST ÉTAIT DE VOIR SI SOFÍA POSERAIT LA BONNE QUESTION. »

Elle sentit un frisson.

— “Pourquoi as-tu prétendu être un autre homme ?”

Dante secoua la tête.

— Non.

— C’était ma question.

— Ce n’est pas celle qu’ils attendaient.

Dernière ligne :

« LA BONNE QUESTION EST : POURQUOI LE VISAGE N’A-T-IL JAMAIS CHANGÉ ? »

Sofía regarda Dante.

Elle comprit brutalement.

Les quatre costumes modifiaient le corps.

Jamais le visage.

Quelqu’un voulait donc qu’il soit toujours identifiable.

— Ils ne cherchaient pas à cacher qui tu étais.

Dante resta silencieux.

— Ils voulaient que certaines personnes te reconnaissent malgré les différents corps.

Il hocha lentement la tête.

— C’est possible.

— Pourquoi ?

Un bruit de notification retentit sur l’ordinateur de la chambre.

Ils se retournèrent.

Écran noir.

Une phrase blanche :

« QUATRE PERSONNES ONT RECONNU DANTE PENDANT LA SÉQUENCE A. »

Puis :

« TROIS SONT MORTES AVANT LE MARIAGE. »

Sofía devint blanche.

Dante fixa l’écran.

Nouvelle ligne :

« LA QUATRIÈME EST DANS L’HÔTEL. »

Sofía recula.

— Qui ?

Le système afficha une photographie prise dans le couloir quelques minutes plus tôt.

Une femme âgée.

Cheveux gris.

Robe sombre.

Elle se tenait devant la porte de leur suite.

Dante sentit son visage se vider.

— Claire…

Sofía se retourna.

— Tu as dit qu’elle avait disparu.

— Oui.

— Pas qu’elle était morte.

— Je n’ai jamais su ce qui lui était arrivé.

L’écran afficha :

« A-5 COMMENCE MAINTENANT. »

Puis quelqu’un frappa trois fois.

Lentement.

Sofía regarda Dante.

— Tu vas ouvrir ?

Pour la première fois depuis qu’il avait retiré le faux corps, son sourire avait complètement disparu.

Une voix féminine se fit entendre derrière la porte :

— Dante… cette fois, ne lui mens pas sur la raison du mariage.

Sofía cessa de respirer.

Et Dante comprit que le secret de son corps n’était peut-être que la partie la moins dangereuse de ce qu’il avait caché à sa femme.

À SUIVRE…